La géoingénierie… ou comment manipuler le climat

(Source photo : http://www.slate.fr/story/19173/geoingenierie-quatre-traitements-de-choc-pour-sauver-la-planete)

1 – Contexte et implications

 Qu’est-ce que signifie ce terme de géoingénierie ? C’est un domaine qui paraît tout droit sorti de livres de science-fiction, mais ici la réalité rejoint la fiction. Concrètement, la géoingénierie étudie le fait de pouvoir gérer ou modifier le climat de notre planète artificiellement. Il me semble avoir vu des films catastrophe traitant de ce genre de sujet, et ça ne se terminait généralement pas très bien, mais y a-t-il matière à verser dans le catastrophisme ?

Dans un contexte actuel où le réchauffement climatique et ses conséquences tiennent une place importante, certains se disent que plutôt que de subir ces changements nous pourrions agir sur le climat lui-même et en faire ce que nous souhaitons.

 Il est important de préciser que ceux qui s’engagent dans cette voie ne sont pas opposés à ce que les gouvernements essayent de mettre en place depuis un certain temps, avec notamment la réduction de l’émission des gaz à effet de serre (le CO2 particulièrement). En effet, le changement climatique n’est pas la seule conséquence de la concentration importante de ces gaz car il y a aussi des impacts sur nos milieux et nos conditions de vie via la pollution atmosphérique.

Bref, cette approche viendrait plutôt en renfort pour stabiliser le climat et non en remplacement.

D’ailleurs, dans d’autres domaines comme celui de l’énergie, ce sont les approches multiples qui semblent être privilégiées et plus en adéquation avec notre quotidien. La transition énergétique par exemple ne peut se faire directement en passant d’un modèle énergétique à un autre, et la diversification progressive des sources d’énergie semble une voie raisonnable pour des solutions d’avenir.

 Mais, est-ce que modifier ainsi le climat de notre planète peut avoir des conséquences inattendues et graves ? Est-ce légal ?

 2 – Décryptage !

Tout d’abord, au niveau législatif, d’une part il existe un réel vide juridique en la matière, et d’autre part le dernier rapport des Nations Unies concernant le changement climatique semble indiquer que cette idée d’agir directement sur notre climat n’est pas si mauvaise que ça.

Ensuite, l’objectif étant d’agir sur le climat de notre planète, nous sommes tous concernés, nous les êtres vivants de la planète Terre. Or, prendre la décision d’intervenir semble assez compliqué sans une gouvernance mondiale qui n’existe pas aujourd’hui.

Faisons maintenant un petit tour d’horizon des méthodes et théories avancées dans le cadre de la géoingénierie.

Géoingénierie: du plomb dans l'aile

(Source photo : http://www.infodimanche.com/actualites/societe/86784/geoingenierie-du-plomb-dans-laile)

La première méthode que nous allons aborder est assez simple en théorie, et économiquement peut coûteuse au regard des sommes impliquées dans l’économie mondiale et des sommes consacrées à diminuer les émissions de CO2. Elle consiste à augmenter la quantité d’aérosols dans notre atmosphère de manière à limiter la luminosité solaire et donc l’effet de serre. Mais des études ont montré que cette méthode limiterait seulement le réchauffement climatique et non les changements climatiques.

D’autre part, il est tout à fait légitime de se poser d’autres questions : plus d’aérosols dans la stratosphère vont-ils augmenter la pollution ? Quels autres impacts auraient ces aérosols sur notre environnement et sur notre santé ?

D’autres pensent à piéger massivement le CO2 atmosphérique.

Rappelons tout de même, que les changements climatiques ont pour cause principale le changement climatique. Celui-ci, bien qu’ayant pour une certaine part une origine liée à l’évolution naturelle de notre climat, est en surtout causé par l’augmentation de la concentration des gaz à effet de serre dans l’atmosphère de notre planète. Le principal gaz à effet de serre identifié étant le dioxyde de carbone (CO2), il apparaît que si nous réduisons sa concentration dans l’atmosphère pour retrouver un niveau équivalent à celui de la période préindustrielle (eh oui, l’industrialisation, avec la combustion de charbon puis de pétrole et de gaz, qui contiennent beaucoup de carbone, a permis une libération toujours croissante de CO2 dans l’atmosphère).

(Source photo : http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Leaf_1_web.jpg)

 Il y a une technique naturelle qui permet de capter le CO2 : la photosynthèse. Les végétaux chlorophylliens captent le CO2 atmosphérique, le transforment en matière et rejettent de l’O2. Les arbres, qui en sont les plus grands représentants, sont en fait d’immenses stocks de carbone. Mais bon, faire pousser des arbres prends du temps et de l’espace. D’autre part, il faudrait couper les arbres dès qu’ils auraient terminé leur croissance (en effet à ce stade le bilan captation/rejet de CO2 s’équilibre ; oui les végétaux verts dont les arbres rejettent aussi du CO2 pendant la nuit via une phase appelée respiration… tiens ça me rappelle quelque chose). De plus il faudrait stocker ce bois et éviter qu’il soit brûlé et ne libère à nouveau le carbone qu’il contient.

phytoplancton

(Source photo : http://lemondeetnous.canalblog.com/archives/2009/03/02/12776182.html)

Mais il y a un lieu où il y a encore beaucoup d’espace : les océans. Et dans ces océans, le plancton, composé notamment de phytoplancton (des végétaux marins microscopiques : algues, etc…), joue aussi un rôle important dans le cycle du carbone. En effet, il est très connu que les forêts produisent de l’oxygène et certaines disent même que ce sont les poumons de notre planète. Or, ce qui est moins connu, c’est que la libération d’oxygène dans l’atmosphère, et donc la captation de CO2, et au moins aussi importante au niveau des océans qu’au niveau des végétaux terrestres. Les océans produisent au moins au temps d’oxygène que tous les végétaux verts terrestres réunis. Et donc, ils captent beaucoup de CO2. Entre parenthèses, ce plancton émet également des particules soufrées qui permettent la création des nuages de pluie.

Ce plancton étant bien plus présent, pour un même volume d’eau, dans les eaux froides que dans les eaux chaudes. Ainsi, certains ont proposé de favoriser le développement massif de phytoplancton autour de l’Antarctique afin de favoriser un piégeage important du CO2 atmosphérique.

Seulement, un autre problème se pose. L’absorption de CO2 dans les océans a pour conséquence une acidification du milieu et une modification des écosystèmes marins. Ainsi, les impacts écologiques seraient néfastes. Et le remède pourrait être pire que le mal.

(Source photo : http://envi2bio.com/2011/12/19/les-projets-insolites-de-la-geo-ingenierie-pour-lutter-contre-le-changement-climatique/miroirs/)

Une autre idée consiste en la création de panneaux réfléchissant positionnés dans l’espace afin de dévier une partie du rayonnement solaire, et donc de limiter le réchauffement climatique de cette manière.

Bref, la technologie nous permettrait aujourd’hui, en théorie, d’agir sur le climat.

Il subsiste malgré tout des problèmes et des questions de taille : quels impacts ces manipulations du climat peuvent-elles avoir ? Quel institution ou état a le droit de prendre de telles décisions ?

Ce sujet pose donc des questions éthiques, plus que de réelles questions techniques, qui n’ont à ce jour pas trouvé de réponses.

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